mercoledì 9 agosto 2017

JACQUES BREL - DANS LE PORT D'AMSTERDAM


Dans le port d'Amsterdam
Y'a des marins qui chantent
Des rêves qui les hantent
Au large d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam
Y'a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d'Amsterdam
Y'a des marins qui meurent
Pleins de bières et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans l'port d'Amsterdam
Y'a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes.

Dans le port d'Amsterdam
Y'a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
À croquer la fortune
À décroisser la lune,
À bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans l' coeur des frites
Que leurs gross' mains invitent
À revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant.

Dans le port d'Amsterdam
Y'a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comm' des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à c' que tout-à-coup
L'accordéon expire
Alors d'un geste grave,
Alors d'un regard fier
Ila ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière.

Dans le port d'Amsterdam
Y'a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam
D'Hambourg ou d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Et pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouch'nt dans les étoiles
Et ils pissent comm' je pleure
Sur les femmes infidèles
Dans le port d'Amsterdam,
Dans le port d'Amsterdam.